Quelques problèmes pour la théorie informationnelle de la représentation mentale

Résumé : Dans le but de donner un fondement naturaliste à la notion de représentation mentale, Fred Dretske (1981) a avancé et développé l'idée selon laquelle la relation intentionnelle d'une représentation à son contenu se fonde sur une relation informationnelle. Dans ce modèle explicatif, on se propose de considérer la représentation mentale comme un indicateur naturel d'un certain type qui porte de l'information sur un état du monde. Jerry Fodor a proposé et poursuivi une autre stratégie importante qui consiste à considérer le lien entre une représentation et son objet intentionnel sur le modèle d'un lien nomologique : selon cette idée, un état représentationnel du cerveau d'un sujet cognitif possède un contenu objectif en vertu de sa dépendance nomique par rapport à un état de choses dans le monde, dépendance qui engendre une corrélation régulière entre les occurrences d'états représentationnels d'un certain type et les états de chose dont le type constitue leur contenu. Les deux approches se heurtent à des problèmes d'indétermination : pour chacune d'elles, il y a des situations dans lesquelles le modèle explicatif choisi ne parvient pas à privilégier, avec les seules contraintes dont dispose le modèle, l'un parmi plusieurs contenus auxquels une représentation donnée est liée de manière informationnelle ou nomique. Dans ce qui suit, j'examine une solution qui a été proposée par Pierre Jacob (1997) à deux types particuliers d'indétermination auxquels se trouve confrontée la théorie informationnelle de la représentation. Selon Jacob, l'un de ces problèmes peut être résolu grâce au recours à la distinction entre la source sur laquelle porte une certaine information et la voie par laquelle cette information est transmise tandis que l'autre requiert un appel à des concepts téléologiques. Je commence par examiner la distinction entre source et voie pour aboutir à la conclusion que la source autant que la voie et par conséquent l'information transmise ne dépendent pas seulement de la situation extérieure dans laquelle se trouvent la source, la voie et le récepteur d'information, mais aussi de l'état de connaissances et des besoins en informations de l'observateur. Je montrerai ensuite que cette relativité pose un problème pour la solution proposée par Jacob (1997) à l'un des problèmes de l'indétermination du contenu représentationnel. Dans une deuxième partie, j'étudiei la possibilité envisagée par Dretske et Jacob de résoudre un autre type de problème, propre à l'approche informationnelle, que j'appellerai le "problème de la classe de référence", en ayant recours à l'approche nomologique. J'indiquerai deux raisons pour lesquelles ces deux approches ne sont pas équivalentes et qui posent des difficultés importantes à l'approche nomologique. Je conclus par l'idée que le problème de la classe de référence peut être résolu dans le cadre de l'approche informationnelle à condition de l'enrichir avec des concepts téléologiques.
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Article dans une revue
Cahiers de philosophie de l'université de Caen, Presses universitaires de Caen, 1997, 31-32, pp.367-386
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Contributeur : Max Kistler <>
Soumis le : mardi 12 novembre 2002 - 11:27:36
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Max Kistler. Quelques problèmes pour la théorie informationnelle de la représentation mentale. Cahiers de philosophie de l'université de Caen, Presses universitaires de Caen, 1997, 31-32, pp.367-386. 〈ijn_00000299〉

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