L'identité des propriétés et la nécessité des lois de la nature

Résumé : L'essence d'une propriété est exclusivement déterminée par ses propriétés nomologiques de second ordre. Nous argumentons pour cette thèse de la manière suivante. Nous savons que les propriétés ont une essence, pour la même raison que nous le savons dans le cas des particuliers : les contrefactuels qui portent sur les propriétés, ont une valeur de vérité objective. Or, ce qui rend vrai un contrefactuel dont l'antécédent attribue à l'entité a une propriété contrefactuelle, est une situation possible ou une entité a* satisfait à la fois cet antécédent et le conséquent du conditionnel contrefactuel. Afin que les faits portant sur a* puissent constituer le fondement de vérité d'un contrefactuel portant sur a, il faut qu'il existe un lien étroit entre a et a* qui appartiennent pourtant à différents mondes possibles. Les faits portant sur a* peuvent constituer le fondement de l'évaluation d'un contrefactuel portant sur a si et seulement si a et a* partagent leur essence. Ce raisonnement s'applique avec la même force au cas où a et a* sont des particuliers et au cas où il s'agit de propriétés. Nous procédons par élimination pour déterminer la nature de l'essence des propriétés. L'essence d'une propriété peut être constituée par des propriétés de second-ordre de type historique, par une essence non-qualitative appelée « quiddité », ou par un ensemble de propriétés qualitatives de second ordre que sont les dépendances nomologiques de la propriété par rapport à d'autres propriétés. Nous présentons des arguments contre les deux premières possibilité. Par conséquent nous retenons la troisième : l'essence d'une propriété est nomologique. Cette essence est constituée par l'ensemble des lois de la nature qui impliquent la propriété. Le fait que la propriété F dépende nomiquement d'une autre propriété G est à l'origine d'une propriété relationnelle de F, à savoir la propriété d'être nomiquement lié à G. L'ensemble de ses propriétés relationnelles de second ordre détermine l'essence de la propriété. Par conséquent, toutes ses propriétés nomiques lui sont essentielles. L'ensemble de ses liens nomiques, causaux ou non-causaux, détermine l'identité de la propriété non seulement dans le monde actuel, mais dans tous les mondes possibles où la propriété existe. Dans tous les mondes où la propriété F existe, elle obéit aux mêmes lois. Cela implique que les lois elles-mêmes sont nécessaires.
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Article dans une revue
Cahiers de philosophie de l'université de Caen, Presses universitaires de Caen, 2002, 38/39, pp.249-273
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Contributeur : Max Kistler <>
Soumis le : mercredi 6 octobre 2004 - 15:08:50
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Max Kistler. L'identité des propriétés et la nécessité des lois de la nature. Cahiers de philosophie de l'université de Caen, Presses universitaires de Caen, 2002, 38/39, pp.249-273. 〈ijn_00000536〉

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